mardi 12 mars 2013

Les contes de la Mère l'Oie

    

Felix qui potuit rerum cognoscere causas.
     


LES CONTES DE LA MÈRE L’OIE
(LES DERNIERS ET VRAIS REBOUTEUX DISPARAISSENT)

Avec l’invasion culturelle, d’origine étrangère, toutes les spécificités liées aux terroirs ont disparu, disparaissent. Relevant des vestiges de traditions celtiques et druidiques, du passé, les anciennes Traditions se perdent définitivement et à jamais ; les facultés mystérieuses des anciens Rebouteux sont de celles-là. La France s’évanouit, comme un grand chêne que l’on abat.

Le grand poète et Écrivain Jean GIONO naquit à Manosque, le 30 mars 1895 ; il mourut dans la nuit du 8 au 9 0ctobre 1970 ; auteur de très nombreux ouvrages, dont « Le chant du monde », nous lui emprunterons le passage sur l’action thérapeutique du Guérisseur Toussaint :

« …Défaites son gilet, dit Toussaint, relevez sa chemise ».

« …[La peau apparut toute jaune avec des auréoles bleuâtres vers le ventre]… [Doucement, la main de Toussaint vint se poser sur la mauvaise fleur du ventre. Il attendit. Il était vide de vie et force ; tout était entassé dans sa main, tout :ses yeux, oreilles, nerfs et une sorte de sensibilité étrange, matérielle qui poussait sous sa main comme la chevelure des racines sous la touffe d’herbe, et il la sentait descendre dans le corps du malade. »]

« …[Le mystérieux c’était cette respiration de géant et ce pauvre corps à peine comme un soufflet, sans graisse ni rien à nourrir…] [Les minces racines sensibles de la main descendaient dans l’ombre pourpre du vieillard. Elles touchaient le foie. Voilà le foie : tout le tour. Un peu grumeleux. Encore souple, un peu jutant. Elles remontaient le long de la peau, vers les côtes. Le cœur ! Comme un crapaud couché dans les feuillages de sang, Elles en faisaient le tour. Il sautait, Il s’échappait. La pointe se mit à frapper de grands coups dans l’arbre des veines. Les poumons, l’énorme lumière des poumons. Pour qui cette énorme lumière ? La chevelure sensible des racines descendit vers le ventre, emportée par le torrent ruisselant de l’air. Le ventre ! »]

« [Brusquement Toussaint sentit, dans sa main, un choc sourd. Plus rien. Sa force sensible venait d’être coupée au ras de sa peau. Ce n’était plus qu’une main sèche, inutile, pareille à toutes les mains. La mort !Il venait de toucher la mort au fond du vieillard.] »

« [Elle était là, au fond du ventre, avec son épaisse couronne de violettes, son front d’os, sa bouche sèche assoiffée d’air. L’ordre ! ]»

«[Habillez-le, dit Toussaint.] »

« [Pendant qu’on l’emportait, l’homme ouvrit encore une fois les yeux et il regarda le visage des vivants de ce regard terrible dont tout le monde se détournait.] »

« [Toussaint s’approcha de la fenêtre. C’était le long crépuscule d’hiver. Le soleil s’écroulait dans l’Ouest. La mort, dit-il entre ses lèvres. Il se sentait enfin paisible et clair »].

« [Bonne mort heureusement inévitable »].

(Fin de citation)

Avec un style parfait, une syntaxe juste, Jean GIONO donne des leçons d’écriture à toutes les jeunes générations qui se moquent de l’Art de bien écrire, en un déni du talent de nos Anciens ; pourtant, la sentence du Philosophe est toujours d’actualité : « Ce qui se conçoit bien s’exprime clairement et les mots pour le dire viennent aisément ». La volonté des Politiques est la déculturation au profit du sport, du sexe et des armes ; la pensée est enchaînée, de nouveau, par les dictatures larvées. L’intelligence du cœur disparaît, elle aussi. Jean GIONO, s’il revenait de nos jours, mourrait une seconde fois.

A la lecture de l’ouvrage tout entier il s’avère que la clef ultime du « don » de guérison, par le magnétisme humain, naît du Cœur. Sans faculté naturelle d’ « Aimer » de manière universelle, tout le Vivant, en condamnant toute forme de violence, même celle légale par les Armes d’État, aucune faculté de ce genre n’est possible ; de plus elle est innée. Chez les Gitans, guérisseurs, cette réalité a la force de l’évidence. Comment procède l’Art thérapeutique des Rebouteux ?

1°) L’action magnétique.

La perception, instantanée et intuitive, de la souffrance et la maladie, chez les Êtres vivants provient de l’aptitude immédiate, du Cœur, à fusionner naturellement avec chacune de leurs parties. Un véritable Rebouteux, doué de la faculté innée d’infuser de son énergie vitale, un Homme, un Animal et une Plante, est capable de deviner la vraie Nature, la mentalité, le tempérament, le caractère, le degré de nocivité chez toute Personne devant lui. En un instant, il « sait » tout. Ne jugeant jamais, armé de la plus grande compassion pour la Souffrance universelle, il a accès à l’inépuisable réservoir d’Énergie cosmique et tellurique, normalement et sans effort ; en conséquence directe, il peut réanimer un organe malade ou défaillant, par l’imposition de ses mains, si l’heure fatidique de la mort n’a point sonné.

Lorsque les mains sont promenées, à distance (il n’est point utile de toucher le corps), on ressent des chocs électriques dans la paume à proximité d’un organe malade ; un appel d’énergie magnétique est immédiat, la paume chauffe. La chaleur disparaît dès que la recharge est finie. Si une impression de froid est ressentie, alors le problème est plus grave.

Les mêmes phénomènes se produisent à l’égard des animaux. Ainsi une chatte s’approchait de moi (j’étais assis dans un jardin), squelettique et malade psychiquement ; je la ressentais telle. Spontanément, elle sauta sur mes genoux, s’étendit, ferma les yeux. Je la magnétisais en passant une main sur sa peau tout en souhaitant sa guérison globale. Au bout de quelques minutes, ayant complètement régressé au stade de l’enfance, elle se mit à baver. Continuant mon action magnétique, elle se relevait d’un coup, se secouait comme si elle avait essuyé la pluie, sauta à terre et disparut, guérie parfaitement. Une femme, vraisemblablement perturbée dans sa libido, prononça : « Cette chatte est une vicieuse… » ! Restant silencieux, je pensais qu’elle aurait dû savoir que le « vice » était une notion humaine ; pas animale !

2°) La vision par le 3° œil.

L’étonnante propriété du Cœur à l’ « identification » avec le Vivant a, pour corollaire, l’ouverture d’un centre nerveux, situé dans la zone frontale du cerveau : le 3° œil. Son ouverture se réalise naturellement et sans intervention extérieure. Les conséquences sont surprenantes :

- Assis devant une jeune fille dans la même position, sur un tapis de méditation, les yeux fermés je « vois » une forme noire sur sa droite et de face. Je sais, intuitivement, qu’elle va mourir et je l’ « entends » penser qu’elle s’est cru forcée de venir, sur les instances de son amie, présente elle aussi. J’ouvre les yeux et je lui dis cela. Elle acquiesce, étonnée que je le découvre ; Questionnée sur une éventuelle maladie, elle avoue une leucémie au stade terminal. Cette jeune fille mourut 2 mois après.

- Debout, face à une Collègue de travail, je « vois » un décalage de son « aura » vers son sein droit, descendant vers le bas de son ventre. Je la questionne sur son état de santé et j’apprends qu’elle a un cancer du sein droit. Je devine qu’elle va mourir peu de temps après. 6 mois plus tard, elle disparaît.

3°) La télépathie.

La communication avec les animaux est d’une surprenante facilité. Ainsi, il m’est arrivé, maintes et maintes fois, d’appeler mentalement des chiens attachés à leurs maîtres ; ils les quittaient pour me suivre, à l’incompréhension de ces derniers.

Pour ne pas conclure

La déshumanisation de l’Humain, au profit de l’Argent, du Sexe, de la Guerre et de la Violence, aboutit à la disparition des « charismes » naturels qui étaient l’apanage de nos Anciens. Ces derniers ont disparu, disparaissent en ce qui concerne les derniers, pour laisser la place à des Dinosaures.

mardi 19 février 2013

Je te le dis...



JE TE LE DIS


Je te le dis...

L’Amour, la Connaissance disparaissent
Lorsque l’esprit et le cœur sont en cendres.
Il y a des temps qui s’appellent
Temps pour la naissance
Temps pour la vie
Temps pour la mort.

Que disent les lacs froids et immobiles
Dans la forêt lointaine.
Là où dorment les arbres que la bise futile
Voile du blanc manteau que la neige déchaîne.

Ainsi les pensées, que pourrit l’hiver,
Meurent à la terre de l’oubli pour mieux renaître.
La vie marcotte sur le terreau du passé.
Déjà la glèbe bout du ferment surréel
Que les augures annoncent à la manière de Noé.

Le printemps est comme la feuille délicate,
Qu’agite le souffle d’Hécate,
Prélude de l’effervescence vitale,
Lourde du poids de l’amour qui naît comme un cristal.

Si la peur de te perdre
Étreint ton âme
Alors, O mon Ami, l’été des passions
Va te prendre dans les ténèbres
De la nuit qui vient.

De l’ignorance, l’automne flétrit la vénéneuse parure,
Quand les pétales de l’intolérance cruelle,
Chutent sur le sol de la pourriture,
Aliment de la vérité éternelle.

Je te le dis, O Ami,
Tant que tu n’accouches pas de toi,
Ton indigence est ton lot.
Tu parcourras le monde comme un étranger
Qui court après l’ombre de sa vie.

lundi 18 février 2013

La mort du lapin



LA MORT DU LAPIN
(Toussaint 1981)

"Tant que les hommes massacreront les bêtes, ils s’entretueront."


PYTHAGORE


"Il y a, dans le regard des bêtes, une humilité profonde et doucement triste qui m’inspire une telle sympathie que mon âme s’ouvre comme un hospice à toutes les douleurs animales."


Francis JAMMES


« Mon frère arrive », grince la femme dans la cuisine;
« Il va tuer le lapin »!

Des pas retentissent, lourds et pesants,
Dans la cour.

Un grognement d’homme:

« Ah ! Le voilà » !

Chant 1

« Lapin, je te connaissais bien.
Tu m’avais apprivoisé.
J’étais donc responsable de toi.
Chaque jour tu t’approchais davantage de moi. »

Des cris minuscules, révoltés, jaillissent,
Dans le grand silence.
Le temps s’arrête.
La femme est partie vers son frère.

Chant 2

« Lapin, tu m’aimais chaque jour davantage.
Je lisais une petite lumière qui s’allumait, brillait
Dans ton regard. »

J’écoute l’inéluctable, tendu,
L’âme aux abois.

Chant 3

« Non, lapin, ne te laisse pas tuer.
Prends de ma force, prends-la !
Lapin, tu grandissais sans cesse.
Une présence t’emplissait au fond,
Au tréfonds de toi. »

Le bourreau n’arrive pas à faire son sinistre travail.

Le lapin devient démon.

« Ah! Il ne se laisse pas faire », grince la femme.
« Je ne comprends pas ; d’habitude il est si gentil » !
« Mais que se passe-t-il donc » ?

Chant 4

« Lapin, écoute-moi.
Je suis avec toi ; venge-toi !
Mais je te sens là.
Tu n’es plus seul, seul. »

Il est mort.
Un grand silence noir chute.
Souffrance inouïe.
Glas inaudible de l’instant qui meurt.
Dépouille clouée sur une poutre.
Misérable croix de chair écartelée, pantelante.
Communion dans l’horreur.
Ma pensée déchirée.

Chant 5

« Que le sang du bourreau serve l’holocauste! »

Force pensée.

« Aïe ! J’ai mal », lance l’homme qui s’est entaillé le doigt jusqu’à l’os.
Le sang de l’homme coule aussi,
Source rouge de la vie,
Se mêlant à celle du lapin.

Mélange eucharistique.
Osmose alchimique.
J’ai peur de ma pensée.
Alors j’ai soigné ce doigt ridicule,
Niais.

Et l’immense silence rédempteur,
Blanc,
Tombal,
Tomba.

vendredi 8 février 2013

Ni noire, ni blanche...


NI NOIRE, NI BLANCHE...!


"Une note de musique, blanche, vaut deux noires, le masculin l'emporte sur le féminin, le jour sur la nuit et la Vierge Marie sur la Vierge Sarah...! Pourquoi? Sans importance puisque, depuis le fonds des âges, l'homme a toujours raisonné en termes duels. Cependant, ce n'est pas une raison pour que cela dure éternellement... Ah!"

C'est ainsi que pensait la jeune fille brune comme la nuit naissante et aux yeux couleur de braise, debout face à la statue de la Vierge noire, en bois vieilli avec l'âge, petite dans sa crypte et croulant sous les tissus les plus divers. ISIS, la déesse noire toujours voilée, compagne d'OSIRIS le dieu solaire dont elle porte l'enfant HORUS, était cachée dans l'église des Saintes Maries de la Mer (France), toute auréolée par le jeu des lumières de chandelles allumées, mais comme exilée.

Derrière la jeune femme, se devinaient des dévots marmonnant et qui venaient enflammer des cierges à souhaits. Une chaleur torride irradiait son dos et provenait de la fournaise. Une odeur de cire brûlée, mêlée à de vagues relents d'encens et de myrrhe, donnait une tonalité sirupeuse à une ambiance lourde à couper au ciseau. Elle décida alors d'aller dans la grande nef.

L'air y était différent. Autant la crypte était sombre et étroite, que la nef affichait la clarté et l'espace. Les vitraux réfractaient le soleil en rais multicolores. Des cariatides immenses représentaient des saints; plus loin, il y avait la croix du Christ, sur l'autel luxueux et ployant sous le velours, le lin et la soie dorée. Enfin, elle découvrit la statue de la Vierge Marie, la blanche.

Elle la regardait, découvrant la couronne d'étoiles autour de sa tête, ses yeux bleus et ses cheveux d'or pur. Vêtue d'une résille blanche, Marie était ceinte d'une écharpe bleue. Magistrale sur son socle, elle tenait l'enfant roi dans ses bras.

La jeune fille pensait, pensait!

"Que signifie cette différence entre deux statues de la Vierge? Pourquoi une noire et une blanche et non pas une rouge, verte, bleue violette..., de toutes les couleurs du spectre solaire?"

"Une couleur, qu'est-ce que c'est? Oui, d'accord, la science explique la nature des vibrations infinies que nous percevons avec nos sens limités... et nos appareils de détection qui le sont un peu moins! Seulement, cela ne me satisfait pas. J'en ai le droit, non ?"

"La science, la science! Elle ne sait pas tout; heureusement d'ailleurs. Il n'y a qu'à voir l'usage qu'en font les hommes... Edifiant, n'est-ce pas? Bon."

Elle secoua sa longue chevelure et décida de s'asseoir sur le banc de prière, tout à côté. Après avoir étendu ses jambes et croisé ses mains, elle se perdit dans la rêverie.

"La statue est blanche car je la perçois comme telle, mais à l'intérieur, quelle est sa couleur? Ah!"

"A l'extérieur, elle est bien de cette couleur comme les gens qui manifestent une certaine façade honnête et vertueuse alors qu'ils sont parfois corrompus à l'intérieur d'eux-mêmes. Cette statue, serait-elle noire à l'intérieur?"

"C'est grave, car je tiens un langage subversif; si ma concierge le savait..., je serais sûrement habillée pour l'hiver."

"Non, pas de morale."

Elle se morigéna pour cette faiblesse. Certes, la majorité des personnes, si elles savent nager, ne savent pas plonger néanmoins. Autrement dit, elles ne vont jamais au fond des choses, à l'intérieur des êtres. Ce n'est pas une raison pour se croire supérieure à elles. Elle fit aussitôt son autocritique, muette mais sans concession.

"Revenons à la statue. Si elle est blanche c'est parce qu'elle absorbe toutes les couleurs du spectre solaire, sauf le blanc qu'elle rejette. Ouh! Qui m'en a soufflé l'idée?"

Elle tourna la tête mais ne vit personne à côté d'elle. Elle continua:

"Cette idée, d'autres l'ont sûrement eue avant moi! C'est sûr et certain. Cela n'enlève rien à sa valeur ni y ajoute. Je constate et c'est tout."

"Par conséquent, et si je ne déraisonne pas, la couleur blanche de la Vierge Marie désigne... ce qu'elle n'est pas! En réalité elle est le contraire à son intérieur, c'est à dire noire. Est-ce grave?"

La jeune femme s'agita sur son banc et se leva pour retourner, lentement, vers la crypte où se trouvait la Vierge noire. Elle s'assit devant la statue et reprit ses réflexions.

"Pauvre Vierge noire, pourquoi a-t-on fait de toi une petite statue, minuscule par rapport à l'immense Vierge blanche? Pourtant tu es comme l'autre, pareille. Mieux peut-être et je vais te confier mes raisons. Chut! C'est entre nous deux et tu en garderas le secret. D'accord?"

Elle se surprit à la tutoyer et en fut tout étonnée. Elle lui parlait comme à une grande amie qu'elle voulait consoler de l'ignorance des hommes. Ces hommes qui ont toujours cru tout savoir et voulu imposer aux femmes (les véritables initiatrices du monde), leur pseudo supériorité.

"Oui, écoutes-moi Oh ISIS. Tu as raison de garder ton voile noir sur le visage et de ne le découvrir qu'à tes Amants... de Vérité. Tu es noire à l'extérieur, mais blanche à l'intérieur. Tu parais la couleur que tu n'es pas, en vérité. En toi se trouvent toutes les couleurs du spectre solaire et tu les rayonnes à l'intérieur. Les humains, aveuglés par ta lumière, ont perdu la vue et sont tombés dans les ténèbres de l'ignorance. C'est pour cette raison qu'ils te perçoivent noire. Les hommes sont bêtes."

Un flot d'amour courut de la jeune fille aux yeux couleur d'orage et dont les abysses s'ouvraient sur des étoiles flamboyantes, vers la Vierge noire; alors le temps se ferma et engloutit l'espace.

La déesse ISIS s'anima, grandit et absorba la crypte pour emporter la jeune fille dans un instant d'éternité. Aussitôt la voix de la Sagesse éternelle résonna en notes de feu.

"Écoutes, ma fille. Le blanc et le noir, c'est pareil, tu sais. La statue blanche et l'autre noire que tu as vues sont identiques. L'extérieur et l'intérieur, le pour ceci et le contre cela, le vide et le plein, l'infini et le fini, tout cela n'est que la manifestation duelle d'une seule et même réalité: le SOI."

"Écoutes encore, ma fille. Tu es mon fils, tu es ma fille! Tu es les deux, mâle et femelle à la fois quand tu deviens le SOI. Tu es Elle, la blanche, et tu es Elle, la noire. As-tu compris?"

Dans un éclatement de tonnerre le temps se rouvrit et l'espace rejaillit. La jeune femme "atterrit" dans la crypte et retrouva la Vierge Noire, comme une gemme dans un écrin de lumière.

Elle vibrait de toutes ses cellules, d'une énergie inconnue, apocalyptique. Elle entendait une symphonie fantastique qui lui murmurait:

"Ni noire, ni blanche; alors tu ES!"


lundi 14 janvier 2013

Sur le lac





SUR LE LAC



L’esquif glisse, sous la voile dressée
Au mat; le couchant voit mourir son Dieu pâle.
Sur la lagune calme, un doux souffle a caressé
Sa nappe d’opale.


L’homme ne laisse aucune trace sur la terre de sa souffrance
Ni dans le ciel de son espérance.
Sueur, sang et larmes se dissolvent dans la fournaise du temps.
Le navire de sa vie ne navigue pas longtemps.


Derrière le sillage éphémère de la poupe, loin de la terre,
Se dessine le destin de l’Être
Dont l’empreinte fuit, s’enfuit
Dans le gouffre du mystère.


Silence de l’amour. Savoure ta paix.
L’âme s’enivre au soleil d’or.
Car, là-bas, un lointain message
Te dit que le dessein inconnu s’avère de toute éternité.

samedi 5 janvier 2013

Le cheval des mers


LE CHEVAL DES MERS


L’optimiste regarde la rose et ne voit pas les épines; le pessimiste regarde les épines et ne voit pas la rose.

Maxime arabe

Quand le navigateur n’en finit pas de bourlinguer sur la mer de douleur.
Quand les tempêtes succèdent aux tornades sur une terre d’horreur.
Quand les noirs aquilons, fourbis par le terrible septentrion, gèlent les cœurs.
Quand les coups de sirocco, vomis par le désert de la vie, dessèchent, flétrissent la fleur des jours et des heures.
Alors le port de la mort lentement s’approche, ultime repos du souffrant.
  
Que cherche-t-il, l’Homme avec son corps plein de lassitude ? 
Que voit le bout de sa persévérance et de sa lutte ?
Que désire la souffrance qui le chahute ?
Que pleure son cœur que broie la brute ?
La voix du silence, seule, lui répond.

Et lorsque, par quelque miracle accordé d’une Olympe surréelle, une lumière couleur d’aurore, poind.
Et lorsque des yeux jettent les flammes de la vérité pure qui l’oint.
Et lorsqu’une vibration cosmique embrase l’Être de son pourpoint.
Et lorsque, jeté dans le tourbillon cosmique des origines, mal en point,
La mer et le port sont unis en une fusion céleste, salvatrice, cosmique clavecin.
 
Alors, finies les aubes qui étaient crépuscules.
Alors, le vent n’est plus tempête qui hurle.
Alors, le feu n’est plus incendie qui brûle.
Alors, le temps n’est plus.
 
Instant d’éternité, où l’on meurt.
Où l’on renaît !



vendredi 4 janvier 2013

Derrière la cage




DERRIÈRE LA CAGE


Barreaux fermés sur le silence,
D’animaux en démence.
Automates en rupture de savane,
Scène misérable où l’homme se pavane.
 
Le singe, d’une main timide,
Frappe le carreau de sa cage humide.
Espoir vain, aucun geste secourable,
Inconscience de l’âme coupable.
 
L’éléphant, montagne oscillante,
Penche d’une patte à l’autre,
Pitoyable bascule hallucinante,
D’une existence finie en lambeaux.
  
L’ours, mécanique déboussolée,
Jette sa tête contre le mur invisible,
Du méprisant plaisir de spectateurs bovidés,
Devant l’animal pantelant d’un mal indicible.
 
Aigle de l’infortune,
Nostalgique de l’astre de feu,
Gorgé d’amertume,
Sonde désespérément le ciel cendreux.

Immonde spectacle de déchéance de la vie,
Fosse nauséeuse que l’homme côtoie, hilare,
Cage fermée sur la folie,
De l’humanité barbare.
   
Bêtise joyeuse,
Cruauté perverse,
Conscience boueuse,
Cœur malvers.
 
Hommes bêtes,
Bêtes foudroyées,
De l’humanité la fin,
L’animal sonne le tocsin.

jeudi 18 octobre 2012

Avertissement



Copyright

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mercredi 17 octobre 2012

Lucifer et Shatan

Les cornes symbolisent les deux courants énergétiques, le long de la corde spinale, Ida et Pingala en sanscrit.


LUCIFER ET SHATAN

MYTHOLOGIE GNOSTIQUE




"En savoir plus long n'est pas en savoir plus, connaître le tout de la réponse. Or, on ne connaît le tout de la réponse quand il n'y a plus de question, mais cela n'arrive jamais car toute réponse soulève de nouvelles questions, sans parler du fait qu'il y a aussi entre les réponses un état de guerre qui fait que les unes s'opposent aux autres et personne ne peut trancher."


PASCAL


PROLÉGOMÈNES


Au sein de l’inconscient collectif, les mythes manichéens s’enracinent dans un passé relativement récent des civilisations ; 10.000 ans environ et pas plus. Pendant longtemps, les hommes ont cherché des explications à leur Souffrance et leur Ignorance ; n’en trouvant point, ils ont conçu des interprétations fantastiques aux évènements dont ils étaient les victimes (cataclysmes, maladies, vieillesse et la mort). Des théoriciens leur donnèrent des noms : Dieu, Diable à double figure (Shatan et Lucifer).


Shatan, Lucifer

Deux vocables à connotation sulfureuse et d’origine sémantique, diverse :


a) Shatan (d’origine sémitique), symbolisé par le serpent de la Genèse, nommé Sat Chit Ananda (Être, Sagesse, Félicité) en Indes, Shitane dans l’Islam, il correspond à l’idée de Connaissance interdite (l’Adversaire de Dieu donc qui refuse à sa créature de comprendre et d’apprendre). Insulte à l’intelligence que, contradictoirement, le Dieu confessionnel avait créée pour qu’elle se retournât contre lui-même ! Sophisme pervers de la part des Théoriciens es religion.


b) Lucifer (d’origine latine) signifie « porteur de lumière », le Flambeau de la Connaissance. Interdite, l’action cognitive de l’Intelligence fut considérée démoniaque par les religions.


Leur dénominateur commun reste l’acquisition de la Connaissance, inhérente à l’Expérience par la Vie Universelle ; prohibée par le Dieu de la Genèse.


Depuis l’apparition du judéo-christianisme ces deux noms ont été représentatifs du Mal absolu ; l’un symbolisant l’Adversaire qui porte nuisance aux Croyants en les incitant à s’écarter de la Sainte Doctrine, la Vérité dite révélée ; qu’elle fût d’origine sémitique ou chrétienne à travers le Talmud, le Coran et la Bible, l’autre résumant la dimension de l’homme - rebelle d’après la notion du péché originel - et en opposition à un hypothétique Dieu Créateur qui refuse à sa créature le droit à l’émancipation. Voilà, résumé en quelques mots, le tragique de la dimension de tout le Vivant selon les traditions religieuses, monothéistes, établies en Occident.


Il s’agit donc d’un écartèlement idéologique qui enfonça l’Humanité et le Vivant, de notre région du globe terrestre, dans un fantastique maelström psychique, psychotique, aux conséquences dramatiques, mortifères. Face à un Dieu, totalement irrationnel, dont le concept fut inventé par des théologiens manipulateurs, l’Homme, dernier maillon actuel d’une chaîne dite évolutive, n’avait le choix qu’entre la peste ou le choléra, un Dieu barbare, cruel et jaloux, ou un Diable à deux visages : Shatan-Lucifer. En quelque sorte l’équivalent de faux similaires en philosophie. Tous deux également prédateurs si l’on considère les Écritures dites saintes et révélées.


Dieu avait donc créé un Diable, comme pour plonger le Vivant dans un dilemme totalement tragique en transformant la Terre en un lieu irrationnellement expiatoire. Raisonnement perfide parce qu’initié par des Théologiens pervers qui l’utilisaient pour maintenir le reste de l’Humanité en état de servitude angoissée, de dépendance surréaliste et de névrose paranoïde. Contradiction et notion anthropomorphique d’un environnement surréel, qui advinrent, toutes deux, avec l’évolution darwinienne. Tout ce qui entrave l’accès au bonheur de vivre est le Mal (le Diable) ; son contraire le Bien (Le Dieu). Plus tard, ces mêmes concepts évoluèrent vers le tragique idéologique, social et politique.


Ce Janus Bi-Front des idéologies religieuses se retrouve jusque dans les traditions gnostiques où il prolifère jusqu’à l’aboutissement du Catharisme qui engendre le fanatisme des uns, les Parfaits qui dénient toute valeur à l’existence terrestre et ambitionnent une mort sacrificielle pour mériter un retour au Plérôme - le Paradis mythique - ; des autres, les Théologiens au fanatisme meurtrier.


Cette dichotomie n’a jamais été clairement fixée au fil de l’Histoire. Fluctuante selon les théologiens et théoriciens es dogmatisme religieux, elle a pu aboutir à une radicalisation manichéenne au sein du Catharisme qui considérait le monde comme étant le Mal absolu, sous la coupe de Shatan. Lucifer concernait essentiellement l’homme en sa démarche vers la Connaissance ; attitude répréhensible d’après les Pères du christianisme qui jugeaient que l’Homme n’avait rien à apprendre mais, au contraire, à espérer un retour au sein d’un Dieu créateur dans la mesure où il se plierait aux Dogmes après une sévère expiation de sa volonté à vouloir comprendre. Cette aberration connut son apogée avec les Inquisitions et l’affaire sinistre de GALILEE et Giordano BRUNO, notamment.


De nos jours, la problématique reste entière car les fanatismes religieux continuent de perdurer à travers des concepts manichéens articulés autour de Shatan et Lucifer ; diversement nommés selon les cultures mais au substrat idéologique, identique. De cette manière on a pu entendre l’Islam intégriste traiter l’Amérique de grand Shatan, légitimant tous les attentats terroristes. Phénomène troublant si l’on considère les découvertes scientifiques modernes, actuelles, et les immenses promesses de l’astrophysique comme celle de la biologie.

LE BIEN ET LE MAL


"A l'aube du 16 mars 1244, descendent en silence de la citadelle invincible de Montségur, des ombres sombres qui s'avancent vers le grand bûcher dressé, au milieu du Prat des crémats. Ce sont les derniers Parfaits..."

La Genèse est un récit dramatique. Il s’agit d’une tragédie véritable à travers le mythe du péché originel. Le Vivant est coupable, condamné selon un principe que KAFKA exploita dans ses écrits, sans savoir la cause de son bannissement. Handicapé dès la naissance, l’Homme doit assumer son existence comme une épreuve, un souffrance, un calamité, toutes expiatoires d’une faute qu’il aurait commise sans la savoir ! Voilà ce que la Bible lui apprend ! Les conséquences de ce scandale sont gravissimes pour l’équilibre mental des Croyants.

Une étude rétrospective, des récits de la Genèse, s’impose.

a) Dieu aurait créé le monde en 7 jours. Théorie qui suppose la connaissance du temps et de l’espace, de l’éternité ; données scientifiques par excellence et cette évidence commence mal pour le scripteur de la Genèse.

b) Au 7° jour, Dieu se repose ! Comme un Humain qui a besoin du repos après le labeur. Il y a donc anthropomorphisme du discours déiste. Déjà, en tant que tel, il devient invalide et pour cause. Car c’est un Homme qui conçoit son Dieu à son image et, vice versa ! La subtilité est de taille. Que se passait-il donc ce 7° jour ?

Le temps coulait ! L'Homme vivait comme un champignon, une légume, sans histoire, dans un Eden, un Paradis, un Plérôme. Des anges se répandaient en louanges à la gloire de leur Dieu ! Ils avaient un Chef, Lucifer. Ah bon ! Ils sont venus sans raison, par volonté divine. Lucifer ne savait à qui transmettre sa lumière, il n'y avait pas d'ombre pour la recevoir. Adam et Ève erraient à proximité des deux arbres aux fruits interdits : celui de la Connaissance et celui de la Vie. Lucifer songeait. Et ce fut la Révolte, la Rébellion. Lucifer devint le serpent tentateur.

Ces métaphores résument des réalités scientifiques que la découverte du Big Bang et du Vide quantique nous ont révélées récemment.

Le Serpent fit son Œuvre. Comment Lucifer est-il devenu Shatan, le Diable ? Lucifer était l'ange de Lumière et, en se transformant sous l'aspect du Prince des Ténèbres il devint Shatan. Les documents religieux, théologiques, spirituels des différentes approches de ce problème éternel qui se pose à l'homme au sujet des deux entités qui ne semblent que coexister dans l'antagonisme permanent du Bien et du Mal, de la Lumière et des Ténèbres, du Temps et de l'Éternité, sont pris à la lettre par les "Croyants" et Théoriciens es dogmatisme. Les deux appellations sont les symboles d'une même réalité sousjacente.  Les notions de "bien" et de "mal" sont affaire de Théologiens, Psychologues, Scientifiques et Epistémologues ; elles sont évolutives à travers le temps et en fonction de l'Eveil de la Conscience collective sur sa Responsabilité ontologique.

dimanche 16 septembre 2012

Ce soir à Samarkand



CE SOIR À SAMARKAND


L’Homme est-il libre ou déterminé, dés la naissance ? Redoutable dilemme sur lequel quantité de Philosophes se sont penchés depuis des siècles.

Selon les dires d’un Sage indien, Sri RHAMANA MAHARICHI :

 « Ce qui doit arriver arrivera, quels que soient les efforts que vous ferez pour l’éviter. Ce qui ne doit pas arriver, n’arrivera pas, quels que soient les efforts que vous fassiez pour que cela se produise. »

DESCARTES avait cru nécessaire d’attribuer, à l’Homme, un libre arbitre et d’en faire une faculté indépendante parce qu’il se sentait libre. Cependant ce sentiment de liberté est factice ; il est pure illusion. Certes, tout un chacun est libre de se déplacer sur la Terre mais, en réalité, il tourne en rond ; notre planète se déplace dans l’Univers sans que nous nous en rendions compte, tel un vaisseau spatial. Son immobilité n’est qu’apparente, d’autant plus qu’elle tourne, sur elle-même, aussi. Un oiseau, volant du haut des cieux, pense être libre mais il ne l’est point car il est tributaire des vents et d’un environnement contingent.


Les causes de nos actions, de celles d’autrui sur nous et l’environnement, nous échappent à la réflexion profonde. Nous n’avons pas un réel contrôle de notre existence. Jacques DEVAL avait brossé un tableau drastique de la problématique avec sa pièce de théâtre « Ce soir à Samarkand ».


« Il y avait, une fois, à Bagdad un Calife et son Vizir. Le Calife l’avait envoyé au marché pour lui acheter un coffret dont on lui avait vanté la beauté. Mais, peu après, le Vizir revint pâle et tremblant. Il se jeta aux pieds de son Maître : « Pardonnez-moi, lui dit-il, mais j’ai dû quitter précipitamment le marché, car une femme m’a heurté dans la foule. Je me suis retourné et cette personne, au visage impassible, à la voix grave et aux cheveux sombres, serrés dans une écharpe rouge, c’était la Mort. En me voyant, elle a fait un grand geste vers moi. Puisque la Mort me cherche, si vous m’aimez Seigneur, prêtez-moi votre cheval le plus rapide et j’irai me cacher loin d’ici, à Samarkand ».


« Le Calife prêta son propre coursier au fidèle serviteur qui disparut vers sa destination.


Puis le Calife se rendit, lui-même, au marché et rencontra la Mort. « Pourquoi as-tu effrayé mon Vizir qui est jeune, bien portant, lui demanda-t-il ? La Mort lui répondit : « Je n’ai pas voulu l’effrayer mais, en le découvrant à Bagdad, j’ai eu un geste de surprise, car je l’attends, ce soir, à Samarkand ».


La notion de déterminisme impliquerait-elle, comme corollaire, une fatalité absolue ?


Si l’on en croit la tradition indoue, chaque partie du Vivant est l’enfant de ses œuvres ; chaque sentiment, pensée, action et émotion engendreraient un train de conséquences à l’infini et traduit, sémantiquement, par le vocable « Karma ». Nous hériterions donc des contingences découlant de nos existences passées dont les séquelles seraient rétribuées, à la manière d’un boomerang, de manière immédiate ou différée, dans les vies présentes et futures. Le Vivant serait, par conséquent, à la fois libre et déterminé.


Tout Être humain naît dans une région du globe terrestre, sans choix apparent. Il en est de même pour son milieu familial, de ses tendances ontologiques, son état de santé originel, la couleur de ses yeux son apparence générale, son degré d’intelligence. Il est soumis au sommeil, la maladie, aux rythmes biologiques dont ceux de la libido. Son karma sera, aussi, lié à celui de ses Géniteurs et proches, son groupe social, la cité, le pays et l’humanité tout entière.


Vaste problème donc et que situe bien le constat : « Nous faisons, librement, ce que fatalement nous devions faire » ; jusqu'au soir final, de notre vie, à Samarkand.