jeudi 5 janvier 2012

Les vrais mystères de la pensée indoue à la lumière d'Occident (Introduction - 2° partie)

La science spirituelle, indienne, du Soi s’inscrit dans la contemporanéité d’un contexte de questionnements :

1) Le domaine scientifique ne suffit pas à donner un sens à la vie ; les philosophies non plus, pas plus que les religions, idéologies, politiques, et cœtera, ne peuvent satisfaire cette nécessité.

2) Comment l’homme peut-il être moral, sans désespoir, dans cette vie finie et dépendante, où sévissent les guerres, tortures et génocides ?

3) Pourquoi l’existence si la Science ne peut pas faire accéder à une notion de Responsabilité ontologique ?

Autrement dit, si aucune découverte scientifique explique la souffrance, ses raisons, son dessein ; si l’ignorance reste le fondement de toutes les épreuves existentielles, comment peut-on imputer une responsabilité au Vivant ? Y a-t-il une âme des choses ?

La Science spirituelle, indienne, n’aboutit pas à une religion ; elle initie une interrogation devant l’athanor de la vie. Elle pose le problème : le Vivant, pourquoi ?

Le grand poète indien, RabindranathTAGORE, écrivait :

« Lorsqu’une religion a la prétention d’imposer sa doctrine à l’humanité entière, elle se dégrade en une tyrannie et devient une forme d’impérialisme ».

Dès lors, nous avons l’explication de l’hérésie spirituelle que constituent les religions dites révélées, lorsque l’on constate leur prosélytisme meurtrier du passé et le dynamisme de l’évangélisation tyrannique. Tant que l’Homme n’aura aucune justification ontologique à être moral, sinon à travers des vertus négatives qu’exploitèrent les diverses croyances par le monde, il se contentera de rester le plus parfait animal prédateur, le plus terrible. Plus odieux que le tyrannosaure puisqu’il est le seul à pratiquer l’agression intra spécifique à l’intérieur de sa propre espèce. Il faut une proposition, nouvelle, pour une Humanisation de l’Humain, que délivrerait la Science spirituelle de l’Inde. Or, dans l’état actuel des choses, seul l’Indouisme pourrait répondre à cette exigence.

La condensation d’énergie au sein de la matière est, en regard de la Genèse de l’univers, similaire à l’acte divin. Il s’agit d’une création. Mais le dilemme venant aussitôt à l’esprit est :

« Est-ce que la matière génère le Moi, la personnalité à l’instar de l’image d’un fantôme dans une boite noire ? Est-elle pensante, comme un ordinateur ? Ou bien, existe-t-il une entité, un flux de conscience ininterrompu, qui revêtirait tous les aspects de la forme – énergie matière – à l’infini et dans l’éternité ? En clair, est-ce que la matière devient pensante, par sa composition d’éléments très spécifiques, ou bien est-elle pensante par l’incorporation, la matérialisation d’une « âme » ? Comment l’existence a pu se manifester sur l’écran du rêve ?"

Après la mort, les univers, le cosmos, notre système solaire et la terre avec ses habitants, ne périssent pas avec nous. Ils continueront d’exister, malgré notre départ, et seront perçus différemment selon le degré d’évolution des espèces vivantes. Seul notre appareil sensoriel aura disparu et, avec lui, notre perception illusoire du monde. Pourquoi tout cela ?

Aucune religion n’a pu répondre à ce questionnement ; la Science non plus. Il restait la spiritualité indienne !

SOCRATE affirmait que la Sagesse était la conséquence de la Science. Il n’y aurait pas de sagesse ni de morale, instinctives. Tout viendrait de la « Connaissance ». Ce dernier vocable est lourd de sens car il diffère du mot « savoir ». Le savoir ne serait qu’un acquis mémoriel, issu du mental sensoriel. La connaissance découlerait d’un processus subtil de distanciation avec l’existentiel, à la manière d’un spectateur qui serait aussi acteur ; il se renverrait, à lui-même, le résultat de l’expérience sensorielle et obtiendrait un accroissement de sa Conscience par le sens virulent d’une responsabilisation en croissance quasi exponentielle.

Qu’est-ce que l’Ignorance ? La Réalisation spirituelle ? La Perfection ? Quelle est la nature du monde phénoménal, du mental ? Sont-ce des questions qui reflètent, uniquement, les limites et limitations de notre cerveau ? Et la notion du Vide d’où proviendrait une « certaine » énergie ? Au-delà du Vide, ultime concept, y a-t- il l’Ignorance inhérente à l’Être qui, par contradiction ontologique, initierait l’Existence pour la Connaissance ? Entre l’Être et l’Existentiel, y aurait-il un médium que l’hindouisme nommerait « atman », le christianisme, âme, etc. ?

La manipulation du mental collectif commence par le conditionnement individuel. Uniformiser, standardiser la pensée et le sentiment, satisfaire l’estomac en endormant la pensée, tous ces éléments furent exploités, autrefois, et le sont aujourd’hui, afin de gouverner et contrôler le psychisme des Humains. Les Hommes sont comme des bovidés qui sont hypnotisés par la propagande politique, véritable viol psychique. La Science spirituelle du Soi, en sa vocation d’éveil à une conscience supérieure, peut déshypnotiser le cherchant qui souffre et persévère. Pourquoi ? Comment ?

Imaginons que l’on soit seul, dans le désert du Sahara et que, loin devant nous, une image de couleur verte se présente à la vue. Si l’on n’a jamais vu de végétaux, on ne se réfèrera pas à ceux ci pour expliquer la nature de votre vision ; en avions nous vus, alors il viendra à notre esprit qu’il s’agit, sûrement, d’un arbre. Puis, nous avançons vers l’objet visuel, jusqu’au moment il s’évanouit et nous réalisons qu’il s’agissait de mirage. Que s’est-il passé ?

Une sorte d’hypnose s’était produite et qui s’articulait autour de quelques objets :

a) L’œil nous avait trompés et nous avons confondu une image virtuelle avec une réelle.

b) Le conditionnement de notre mémoire nous avait obligé à penser qu’il s’agissait, sûrement, d’un végétal.

c) L’illusion sensorielle provoqua la perception fausse d’un phénomène. Nous ne pensions pas qu’il pouvait s’agir d’une apparence. Nous avions fait acte de foi !

La Réalisation spirituelle a une vocation thérapeutique, de libération intérieure. Elle est une Science de l’Âme ? Quand s’inaugurera-t-elle ?

Les religions ont, toutes, drapé les rideaux de leurs sanctuaires du sang des Hérétiques qu’elles combattirent. Les sectes, dites initiatiques, ont manifesté de l’intolérance, voire du fanatisme exclusif, et les projecteurs de l’actualité se sont focalisés, actuellement, contre ce fléau. Au nom de la Raison, nous ne pouvons que combattre les dogmatismes qui ont pu, par le passé, aboutir à faire rôtir un Giordano BRUNO sur le bûcher de l’Inquisition vaticane et à faire renier le grand GALILÉE ; sous le prétexte que, tous les deux, affirmaient la rotondité de la terre.

Il n’existe pas une vérité mais plusieurs. Beaucoup de gens exigent la vérité qu’ils veulent croire. La quête de la vérité scientifique s’inscrit dans l’objectivité et aboutit à la notion de « connaissance ». Dans d’autres domaines du monde sensoriel, mental, la subjectivité sévit plus ou moins. Nous savons qu’un mirage saharien reflète un événement ; il ne le constitue point, sinon subjectivement. Ce que nous appelons et concevons comme « vérité » n’est que le fruit de la projection de notre subjectivité sur l’environnement qui se réfracte à travers nos structures neurologiques ; nous pensons : c’est la réalité ! Alors qu’il ne s’agit que d’un morceau de vérité. L’ultime Réalité est reculée à l’infini, de manière exponentielle ; elle ne saurait être atteinte car elle échappe au plan sensoriel ; le serait-elle que la vie serait finie et, de ce fait, n’ « existerait » pas ! L’idée de Réalité est liée à l’Être ; l’idée de Vérité à l’Existentiel. A ce propos, le grand penseur TEILHARD DE CHARDIN confiait :

« Parvenu à l’extrême de ses analyses, le savant ne sait plus trop si la structure qu’il atteint est l’essence de la matière qu’il étudie ou bien le reflet de sa propre pensée ».

Constat interrogatif qui conditionne toute considération scientifique. Car la question fondamentale qui se pose avec acuité, en corollaire de la pensée de ce Philosophe, est :

« Est-ce qu’il existe une Réalité que la Conscience n’atteindra jamais, sauf à la reculer infiniment, par des outils mentaux se spécifiant, sans cesse, de manière exponentielle ? »

Le Philosophe KANT concevait le monde existentiel s’articulant autour de deux volets :

- L’immanence.

- La transcendance.

L’immanence est comme l’état actuel d’une vérité, moment historique de la quête vers la connaissance.

La transcendance est comme la remise en cause d’une vérité, vers une autre, plus haute.

Ainsi, autrefois, l’atome fut considéré insécable ! Puis, Nicolas FERMI, le couple CURIE, découvrirent la fission de l’atome ! Vérité aujourd’hui ; erreur demain ! Nous cheminons, non pas d’erreurs en vérités, mais de vérités en vérités.

Extrait du Chapitre : « De la Sagesse de la Transcendance (al-hikmat as-subûhiyah) dans le verbe de Noé » - par MUHYI – D – DIN IBN ‘ARABI – La Sagesse des Prophètes (Fuçuç Al-Hikam) – Editions Albin MICHEL.

« Pour les connaissants des Vérités divines (ahl al-haqâlq), affirmer [unilatéralement] que Dieu est incomparable aux choses, c’est précisément limiter et rendre conditionnelle la conception de la Réalité divine [car on exclut ainsi les qualités des choses] ; celui qui nie toute similitude à l’égard de Dieu, sans se départir de ce point de vue exclusif, manifeste soit une ignorance, soit un manque de « tact » (adab). L’exotériste qui insiste uniquement sur la transcendance divine (al-tanzih) à l’exclusion de l’immanence (al-tashbîh)] calomnie Dieu et Ses envoyés – sur Eux la bénédiction divine ! – sans s’en apercevoir ; s’imaginant qu’il atteint la cible, il frappe tout à côté ; car il est de ceux qui n’acceptent qu’une partie de la révélation divine et en rejettent l’autre. »

Fin de citation

Les vrais mystères de la pensée indoue à la lumière d'Occident (Introduction - 1° partie)

Krishna et Radha


RÉVÉLATIONS À TRAVERS LA BHAGAWAT-GEETA

PROLÉGOMÈNES

"Ni dans les airs, ni au milieu des océans, ni dans les profondeurs des montagnes, nulle part, il n'existe d'endroit où l'on soit à l'abri des conséquences de ses actes."

DHAMMAPADAH

"Père, je ne te demande pas de les retirer du monde, mais qu’ils soient dans le monde sans être du monde."

Évangile selon JEAN (XVII – 14 à 16.)

Habituellement, ce sont les Maîtres hindous qui dissertent sur la BHAGAWAT-GEETA car ils sont présumés les seuls habilités à ce propos. A telle enseigne que l’Occidental qui oserait étudier celle-ci, es qualité et sans l’aide de Maîtres en la matière, pourrait être qualifié d’orgueilleux et de prétentieux. Toutefois, une telle dichotomie est pharisaïque.

Le pharisaïsme, en ce domaine, est colossal. Alors qu’il est admis, dans la culture occidentale et en vertu de la démocratisation de l’Enseignement scolaire, universitaire, qu’un apprenti puisse devenir Maître à son tour, il n’en est pas de même dans le domaine spirituel. Pour des raisons de domination commerciale, beaucoup de Maîtres indiens et tibétains réservent leurs ultimes « enseignements secrets » à ceux de leur ethnie ou bien à une pseudo élite. En Indes, au Népal, au Tibet, il était habituel de différencier les « étrangers » des « autochtones ». Les Occidentaux étaient qualifiés de " diables rouges " ; argentés certes, mais à " utiliser ", voire à exploiter sans vergogne aucune en exigeant, d’eux, le versement de sommes d’argent sans tenir compte du fait que tous n’étaient pas riches ! Certains, même, étaient pauvres mais animés par une quête, farouche, d’un sens à donner à l’existence. A ceux qui étaient incapables de payer leurs " initiations ", les Maîtres objectaient :  « Si vous ne pouvez pas payer c’est que vous avez un mauvais karma ».

Une telle sentence tombait comme un couperet. Le système des castes sociales se prolongeait sur le plan social et culturel ; jusqu’en occident. Le pire fut que certains Occidentaux reprirent, à leur compte, une telle dialectique comportementale par des exigences pécuniaires, dissuasives, pour les plus démunis. La maladie s’attrape plus vite que la santé.


La prolifération des sectes, ashrams, groupuscules dits de méditation, à vocation de spiritualité vénale, nuit à la crédibilité d’une Science spirituelle qui s’est pervertie quelque peu, par la faute grave des Hommes qui l’ont trahie. Si la Tradition spirituelle, indoue, est liée à l’argent, actuellement, cela est dû à l’inadéquation de ses pseudo Maîtres face à l’Idée de Réalisation intérieure du SOI. Autrefois, Jésus CHRIST avait jeté les Pharisiens dehors du Temple à Jérusalem. Il serait opportun d’agir de même, de nos jours, à l’égard des pseudo Yogis qui exploitent de pauvres disciples en déshérence spirituelle. Car la véritable Initiation n’est pas un acquis technique mais le dépouillement de l’Ego ; sentence rédhibitoire pour les Yogis orgueilleux car l’orgueil est l’inflammation de l’Ego hypertrophié.

Il y a une contradiction flagrante entre l’idée de réalisation intérieure et la faculté d’y parvenir, pour la plupart des prétendants qui n’ont pu éradiquer le prédateur qui est en eux. Ce sont ces « gourous » qui occupent l’espace médiatique de certains yogas exposés et exploités comme pour un Las Vegas de la spiritualité. Ce sont ces « marchands du temple » que la scène théâtrale du monde affiche, provoquant des réactions de rejet de la part des observateurs. Quant aux véritables Réalisés intérieurs, ils ne font pas de bruit ; en général ce sont des gens comme tout le monde, qui travaillent dans tous les secteurs de l’économie et sans aucune protection spirituelle, particulière. Ce sont de véritables héros, au quotidien, d’une démarche d’Éveil qui doit concilier les redoutables nécessités de :

a) Gagner son pain par un travail honnête et sans dépendance ni mendicité.

b) Éduquer ses enfants.

c) Satisfaire à toutes les exigences domestiques, familiales, sociales et politiques qui sont attribuées à la vie de toute personne responsable.

Notre propre initiatrice était brahmane, mère de famille, polyglotte et son époux, ingénieur de son état, était aussi un Yogi accompli et réalisé. Ils n’étaient pas les seuls à honorer, ainsi, la tradition qu’ils servaient. Ils accomplissaient un Service secret et silencieux ; aucun argent n’était exigé ! Ils étaient des héros véritables car l’héroïsme est quotidien ou bien il n’est point ! Le message de KRISHNA et ARJUNA ne leur fut, jamais, étranger.

Le texte de la BHAGAWAT-GEETA appartient à l’humanité entière, sans différenciation ethnique, ni culturelle ; son étude ne dépend aucunement d’un parrainage quelconque ni d’une fallacieuse prétention à la Vérité révélée.

Des textes, comme le Coran, le Talmud, la Bible et tant d’autres encore sont étudiés dans les Universités. En Indes, la BHAGAWAT-GEETA n’est pas comprise par tous les Indous ; pas plus que les Croyants ne comprennent, tous, leur religion. Par conséquent, et l’Esprit soufflant où il veut, ce serait faire insulte à l’intelligence de ne pas étudier tout ce qui existe sur la terre puisque que l’homme doit vivre son expérience sensorielle, ainsi que le dessein cosmique l’y incite.

En ma qualité d’Occidental, j’ai abordé avec d’infinies précautions l’analyse de ce texte majeur de la culture indienne. Après avoir reçu des Transmissions énergétiques, de type kundalinien, de la part d’authentiques Maîtres indous, j’ai pu expérimenter divers phénomènes qui n’avaient jamais été répertoriés dans les divers traités en la matière, dans notre région du monde. D’abord étonné et surpris, puis dubitatif à l’égard de moi-même, j’avais nourri la plus grande méfiance à l’égard de « réalisations » intérieures de la « shakti » ; d’autant plus que, parfois, elles entraient en contradiction avec les affirmations de certains condisciples suivant d’autres courants de yoga et qui entraient en conflit de rivalité avec ma personne, en concurrence donc, alors que je m’enfermais dans le silence pour l’essentiel ! Puis, il s’avéra que d’autres émules, Intellectuels de haut niveau, avaient vécu similairement certaines de mes expériences et les validaient à la lumière d’Enseignements, secrets, tibétains et mongols. Je compris, alors, que mes Initiateurs en Kundalini Yoga – Shivaïsme du Cachemire – dont certains relevant de l’Ordre de Nath, ne m’avaient pas menti en m’affirmant que, à mon heure et à mon jour, je découvrirai tout ce qui était en latence à l’intérieur de moi-même. Ce genre d’événement eut l’avantage de m’éviter de parler de choses que je n’avais point vécues. L’important est de ne jamais parler de ce que l’on ne connaît point !

La présentation de ce travail sur la BHAGAWAT-GEETA n’est donc pas le fruit d’une prétention hasardeuse. Elle repose sur un vécu : le mien. L’expérience personnelle m’aura beaucoup aidé à cet effet ; d’aucuns pourraient employer d’autres termes pour définir ce qui, en réalité, ne ressort que d’un certain « accouchement de la Conscience » ! Maïeutique universelle.

Aucun témoignage, aucun récit, ne peuvent inspirer autant de crédit que l’intelligence personnelle d’un fait ou l’entendement intime d’une vérité, l’approche de la Réalité.

La plupart des gens, dans le monde, sont des « dictionnaires » ambulants, des hommes de citations et de foi. Faute de comprendre l’essentiel de la vie, ils se cristallisent autour de pseudo réalités, de certitudes et convictions dont ils deviennent, avec le temps, de farouches gardiens. Les dérives sectaires, religieuses, politiques et idéologiques aboutissent à des fanatismes criminels, dès lors qu’elles deviennent meurtrières. Les idéologues contemporains qualifient, souvent, d’engagement ce genre de comportement ; l’épithète « engagé » est mis à toutes les sauces socio-politiques en une revendication sauvage à la légitimité concurrentielle. Il est de bon ton de dire de quelqu’un : « C’est un engagé » ! A croire qu’il s’agit d’enrégimentement dans une Armée quelconque. Or, la Conscience « est » si elle reste libre, non engagée et donc non enchaînée car :

« Toute position est instable et toute condition limitée ; sans jamais en aucune d’elles la Conscience ne peut demeurer heureuse ; quelles qu’elles soient ».

Quantité de « dictateurs » de la pensée et du sentiment se donnent pour tâche de penser à la place des autres et définir le bien et le mal. « Faites ce que je dis et, surtout, ne dites pas ce que je fais", est l’axiome de ceux qui se prennent pour les possesseurs, les seuls détenteurs, de la "vérité sociale" et politique, religieuse et initiatique, s'autoproclamant juges tout en étant parties. Surtout, ils ne veulent pas qu'on les déboulonne ! Ils se prennent pour des "gardiens" platoniciens. Gardiens, chiens de troupeau (et les autres moutons bêlants ? Bêê..., dit PANURGE) ou gardes-chiourme ? L'intervalle est tellement mince et se franchit si vite, avec la meilleure volonté du monde. « Qui custodiet custodies ? Qui gardera les gardiens ? »

Si tant est que l’on puisse tirer les leçons de l’histoire, des découvertes archéologiques, relativement anciennes, tentent à accréditer la thèse qu’il exista, autrefois, des civilisations très évoluées autour de Sumer et Babylone. Des connaissances sur la science de l’esprit permettaient, à l’Homme, de mieux maîtriser son environnement. Ainsi, les mathématiques permettaient d’élaborer des lois physiques dont les vestiges ont, entres autres, pu se perpétuer jusqu’à nos jours, au Groenland, en Égypte, en Indes et en Asie. Par de savantes manipulations des nombres, il était possible de mouvoir des énergies, de manière inconnue aujourd’hui. L’histoire relate que des anciens Magiciens, après avoir transformé des suites chiffrées en voyelles, firent tomber toutes les feuilles d’un arbre vert en les vocalisant. A l’aide de formules sonores, basées sur le même principe, il était possible d’allumer un feu à distance. L’hypnose immédiate était pratiquée ainsi et à l’infini des possibilités psychiques.

L’idée des Anciens était que la colonne vertébrale de l’homme, en sa verticalité, résumait et incarnait tout le cosmos et les univers. Dans son corps se trouveraient donc toutes les lois universelles, résumées dans l’Inconscient. Si l’on découvrait leur symbolisme architectural, à l’intérieur de la corde spinale, en lui appliquant certaines lois, il serait alors possible d’agir de manière démiurgique sur la matière. Ce fut, pour cette raison, que les traditions relatives à un « Yoga Cosmique » comportent des schémas géométriques, affectés aux célèbres cakras, accompagnés de mantras spécifiques à chacun d’eux.

Le moule physique de l’âme humain est vertical, physiquement, mais sphérique énergétiquement. La sphère corporelle fonctionne par osmose avec l’Univers. L’âme se construit consciemment ; autrement, après la mort, elle sera « fondue » avant de renaître. Y a t-il des règles à cet effet ?

Sans tomber dans le piège d’un déterminisme abscons, il est constatable que les liens de cause à effet existent ; ils animent toute forme de vie. L’âme humaine fait l’objet d’études approfondies en psychologie et psychiatrie. Les religions s’y étaient essayées, autrefois ; avec le succès lamentable que l’on connaît. L’idée majeure, sous jacente des thèses et théories sur la nature et l’existence d’une âme, est liée au concept de la Conscience. Or, la bataille fait rage autour de cette idée.

Autrefois, d’immenses civilisations disparurent pour des motifs qui se renouvellent sous tous les cieux, à tous les âges de la planète :

- Tous les détenteurs de connaissances dangereuses pratiquaient essentiellement des « tours de cirque » ; comme nous le faisons, de nos jours, avec la science contemporaine, dès lors qu’elle n’est toujours pas synonyme de Connaissance, mais de savoir. Ils aimaient se battre entre eux et s’excommuniaient facilement.

- Aucune Sagesse, vraie, ne découlait de l’application de ces lois mathématiques.

- Les notions d’Amour et de Connaissance n’étaient point liées à l’acquisition de cette Science.

- De nos jours, l’argent est roi bien que les « Maîtres » se gargarisent d’amour ; à leur unique profit puisque aucune « Initiation » n’est possible sans monnaie sonnante et trébuchante.

En ce contexte donc, il s’avère que le divorce entre un Savoir scientifique et l’évolution de la Conscience entraîne la ruine personnelle et collective de toute une civilisation. Comme il en fut pour l’ancienne Égypte, tout le savoir disparut et nous n’en avons que quelques bribes en Occident.

Par découlement logique, le dépôt antique de la Science des nombres appliquée à l’Esprit humain, fut remplacé par la Philosophie qui privilégia la recherche ontologique. Cependant, cette même Philosophie était coupée de son substrat matério-scientifique. Elle favorisa, dès lors, l’apparition des Religions dites monothéistes, basées sur la foi puisqu’elles étaient tronquées à la base. L’opposition de la Philosophie à la Science fut un avatar de l’Ignorance.

Par réaction les anciennes traditions, dormantes en Indes et au Tibet notamment, émergèrent mais après plus de 2.000 ans, en Occident ; après les sanglants agissements de la part des Religieux, dans le monde. De nos jours, petit à petit et par un mécanisme spontané, la Science de l’esprit tend à fusionner avec la Philosophie pour une résurgence non pathologique. En clair, il s’agit d’unir la Science à la Conscience ; éternel dilemme. Cette tentative a un nom : la quête du Soi.

vendredi 30 décembre 2011

Théorie et pratique de la méditation (2° partie)

"C'est dans la négligence des petits détails que l'on apprend à faire de grandes fautes".

Madame de STAËL

III - DISPOSITION INTÉRIEURE

C'est un lieu commun de constater que toutes les personnes attirées par les divers yogas sont animées par le désir d'un mieux-être. Croyant en la facilité, piège de la mentalité occidentale, les émules des Maîtres de Sagesse, indiens, s'empressent de mettre en pratique diverses techniques yoguiques en espérant des résultats rapides, voire miraculeux. L'ego peut tout croire, n'est-ce pas?... D'autres encore n'en appréhendent qu'un aspect exotique, ou bien gymnique, voire ludique. Toujours l'ego...!

En réalité, le yoga est étranger à la culture occidentale comme la Pentecôte l'est de Marseille. Définir cette voie d'origine orientale et asiatique, avec nos yeux carrés comme la télévision, ou bien notre mental programmé comme un ordinateur, reviendrait à reproduire la fable des aveugles tâtant un pachyderme. Pour savoir en quoi consiste le yoga il faut redevenir le tout petit enfant qui s'ouvre à la vie et regarde..., avec des yeux neufs, bien ronds.

Autrefois, les vieux Maîtres de Sagesse recevaient la visite de candidats disciples qu'ils rejetaient sauf si l'un d'entre eux leur apparaissait prêt. Parfois, le prétendant portait sur la tête un boisseau de sarments de vigne, signifiant ainsi qu'il avait rejeté toutes les illusions de l'ego et son monde passionnel, qu'il était prêt à prendre "feu". Ce n'était pas du jeu...!

Une étincelle, sur une bûche mouillée, s'éteint. Il n'y a rien à faire. De même il est impossible de conférer Shaktipata aux animaux... Tout le monde ne peut pas recevoir Shaktipata puisque le sort de chacun est différent. Mais, aussi, il est possible que chaque individu se prépare, sèche sa propre bûche, par un travail intérieur de purification (kryia).

La clef de la disposition intérieure est dans l'observation de ce que les bouddhistes nomment le dharma, qui est la somme de règles de conduite dans la vie et s'avère propice à l'épanouissement des facultés endormies. Dans les grandes lignes, et de façon non exhaustive, il convient d'appliquer:

a) L'absence de mensonge (véracité dans les paroles et les actes).
b) Le travail (gagner sa vie honnêtement et fuir l'oisiveté).
c) La compassion (l'amour pour tous les êtres).
d) La justice (pensée juste, sentiment juste, action juste, etc...).

A ces conditions il faut ajouter l'élémentaire catharsis sans laquelle aucune disposition intérieure n'est suffisante pour entrer dans le brasier de Shaktipata. Mais l'enjeu vaut la chandelle.


"Moins on a de pouvoir, plus on aime à en user".

PETIT-SENN

CONCLUSION

La réalisation intérieure par le yoga est assimilable à la combustion du bois qui devient charbon. Elle est le dialogue rendu impossible entre le charbon devenu et le bois disparu.

Celui qui sait, se tait et seuls ses actes parlent.

Le yoga est moins à comprendre qu'à vivre. Il n'est pas accessible au mental ordinaire car seul celui qui, universel devenu, pourrait parler mais n'est jamais revenu.

La voix du silence enseigne la voie.


"Initiations à la lumière d'Orient" par Edmond FIESCHI, publié aux Editions A.C.V. à Lyon (Rhône) - France.

"Gnose et Gnosticisme" (Etude sur la Gnose interdite) par Edmond FIESCHI publié aux Editions A.C.V. à Lyon (Rhône) - France. (Toute autre publication émanant d'un autre éditeur serait une escroquerie et un vol, justiciables d'une plainte en Justice correctionnelle ; nous remercions, par anticipation, toute personne témoin d'un tel méfait et qui nous le rapporterait).

Théorie et pratique de la méditation (1° partie)



THÉORIE ET PRATIQUE DE LA MÉDITATION
 
"Il y en a, parmi vous, qui prétendent mieux aimer servir que penser à la vérité. Mais qu'entendent-ils par servir? Ils parlent toujours d'aider le monde, surtout ceux qui appartiennent à des sectes.

Le soldat, tout prêt à mutiler et à massacrer son prochain, dit qu'il sert son pays. Le boucher qui tue, le financier qui accumule des stocks de vivres tandis que des hommes ont faim, le prêtre qui exploite des croyances, tous disent qu'ils servent la communauté. Qui peut en décider? Une fleur, parce qu'elle est belle, suprêmement belle, inconsciente de sa propre splendeur, aide véritablement, mais l'homme qui va crier à tous les échos qu'il sert le monde n'aide en rien du tout".

KRISHNAMURTI

Conférence en Nouvelle Zélande
Cité dans le Vishva-Bharati Quaterly
(août octobre 1937, page 134)

Tout jeu a ses règles et la triche est réprouvée. Certes, chacun est libre d'accepter ou non le jeu mais, une fois le choix effectué, il est difficile de déroger. Il n'est pas admissible d'acheter du beurre et d'en réclamer ensuite l'argent.

Dans le cadre de la méditation il existe aussi des règles qu'il convient d'observer sous peine d'échec en la matière. De même que dans une compétition de rugby, l'équipe perdante ne peut accuser les spectateurs de sa défaite, un praticien du yoga n'est habilité à l'imputation de ses difficultés sur son Maître, si celui-ci lui a préalablement révélé l'existence d'épreuves découlant de l'ascèse. Se remettre en cause soi-même est une des règles fondamentales du jeu...

S'agit-il d'un jeu ?


Le suffrage universel, qui considère les hommes comme autant d'unités égales et qui les compte au lieu de les peser, assure la majorité de l'ignorance".

SISMONDI

I - THÉORIE MÉDITATIVE

Il existe des lois naturelles qui étayent toute sadhana et n'ont rien de dogmatique, c'est à dire de gratuit, ni de moral ou pédant. Il s'agit de conditions favorables à remplir afin que la nature puisse librement réaliser ce qui lui est possible, après éradication des obstacles intérieurs.

De manière non exhaustive ni limitative, les obstacles à la libre réalisation d'une sadhana peuvent s'énumérer de la manière suivante:

a) Blocages intellectuels.

Conditionnements d'origine culturelle, éducative (religion, opinion, etc...).

b) Blocages psychologiques.

Problèmes affectifs, relationnels, sexuels, etc...

c) Blocages physiques.

Incapacité corporelle et somatique.

En règle générale, les anciens Rishis de l'Inde refusaient shaktipata aux personnes dont les caractéristiques étaient les suivantes:

Ceux qui ont déjà reçu shaktipata.
Les imbéciles et les curieux.
Les impotents.
Ceux qui souffrent d'une inflammation de l'ego, d'une surestimation de leur valeur personnelle et de l'hypertrophie du moi.
Les menteurs, paresseux, coléreux, intrigants, voleurs, fous.
Les petits esprits.
Les traîtres, affabulateurs et pornographes.
Les gens qui aiment monopoliser l'attention sur eux par des discours et attitudes mégalomaniaques, et donnent leur avis sans qu'ils en soient invités.
Les velléitaires.
Les candidats disciples commettant de mauvaises actions.
Les ambitieux, prédateurs.
Les provocateurs.
Les sensuels attachés au sexe et à la fortune.
Ceux qui ne savent pas taire les secrets et qui nuisent à autrui.
Les ingrats.
Les tricheurs, révoltés.
Les cruels.
Les indécents sur le plan verbal.
Les bavards.
Les gens qui portent systématiquement de mauvais jugements sur autrui.
Les personnes qui se complaisent dans l'ignorance et les certitudes.
Les gens qui salissent, médisent par derrière tout en tenant de bons propos par devant, flattent pour exploiter.
Ceux qui prétendent connaître l'absolu.
Les vantards, envieux et nuisants.

Il nous est impossible de porter des commentaires sur ces règles anciennes. Cependant nous avons pu constater, à plusieurs reprises, que la compassion pouvait devenir faiblesse si elle était mal placée. Souvent, il y a perte de temps et des désagréments provoqués par l'ingratitude, l'irrespect et la méchanceté.

Gageons que si toutes ces restrictions étaient appliquées, il n'y aurait pas beaucoup de monde sur la ligne de départ, de nos jours. Il est vrai, aussi, que Shaktipata n'est plus transmis par le toucher, en occident, mis à part quelques exceptions qui confirment la règle. Shaktipata n'est plus guère conféré que par les mantras, ce qui limite les dégâts.

Tout blocage intérieur peut être franchi par l'autocritique et l'introspection analytique. La descente aux enfers intimes est toujours possible et la libération du captif (le SOI) est permise, sinon espérée. Les pseudo convictions sont comme des virus pour la raison. Il n'y a pas une morale, mais des morales...

La sadhana réclame une discipline librement consentie qui se résume en quelques éléments succincts :

1) Hygiène alimentaire.

Végétarisme sans alcool, ni tabac ou drogues diverses.

2) Hygiène physique.

Rétention de la libido, respect du corps, vie harmonieuse privilégiant l'essentiel.

3) Hygiène mentale.

Fréquentation de personnes spiritualisées et reflétant l'équilibre, la paix et l'honnêteté, rejet des angoisses, introspection périodique, ataraxie.

C'est sur ces bases et la stricte observance de l'ascèse que s'édifie toute sadhana authentique. Le contraire signerait l'inadéquation entre l'idée et la capacité à la réaliser. En toute raison, il est convenable de tirer la logique de l'échec en se retirant du jeu. Les exigences de la rationalité sont incompatibles avec la foi et ses corollaires.


"Le droit de la majorité n'est autre chose que le droit du plus fort. Mais il serait plus injuste encore que l'autorité du plus faible l'emportât".

SISMONDI

II - PRATIQUE MÉDITATIVE

La méditation inhérente au yoga supérieur est différente du hatha-yoga. A ce propos, SRI WAMANRAO GULAVANI MAHARADJ avait été très explicite dans son traité savant sur "Shaktipata". Après avoir reçu la transmission de l'énergie spirituelle, tous les autres yogas deviennent inutiles. Il devient impossible de suivre d'autres techniques yoguiques car l'énergie kundalinienne impose ses "règles" au corps humain, selon la nature.

Avant de recevoir "Shaktipata", il convient de savoir que les autres yogas ont leur utilité propre mais qu'ils seront abandonnés. En effet, un étudiant en université ne peut valablement pas rester à l'école secondaire. Autrement il y aurait une pathologie quelque part...

Le hatha-yoga est une voie qui concerne une certaine catégorie de personnes particulières, ne pouvant pas accéder au yoga de la méditation ou bien n'en connaissant pas l'existence. Il existe une qualité des individus qui sont différents les uns des autres, selon des dispositions spécifiques à chacun, et qu'il convient de respecter. Tout le monde ne peut pas devenir roi et chaque place revient à chacun, sur cette terre. Autrement dit, rien ne sert de briguer une ascèse supérieure s'il s'avère que l'on n'est pas prêt à la suivre et cette attitude n'a rien de dévalorisant, bien au contraire...

L'esprit de compétition et de rivalité est une aberration dans le cadre du yoga en général car il flatte l'ego au lieu de le sublimer. Il n'y a aucune supériorité, au sens usuel du terme, dans la recherche ascétique et les expériences spirituelles ne procurent aucune suprématie. L'effet du yoga est dans la non identification progressive avec l'ego. Il s'agit de devenir moins et d'être plus. Il faut que « je » diminue afin qu’ « il » croisse, énonce un axiome. La véritable Initiation n'est un pas acquis, d'ordre intellectuel ou énergétique ; elle est le dépouillement de l'Ego et l'orgueil.

En occident, ces préceptes élémentaires ne sont pas toujours observés par certains yogis dont les préoccupations commerciales priment sur l'authenticité de la science millénaire du yoga. A en croire quelques uns, les Occidentaux sauraient plus que les hindous en la matière. Ce genre d'assertion péremptoire n'engage que les personnes qui les émettent et... leur compte bancaire. Il ne suffit pas d'affirmer quelque chose pour créer l'événement. Encore faut-il prouver...

Face à l'Inde, compétente depuis des milliers d'années en yoga, ce n'est pas l'Occident orgueilleux et vaniteux qui pourrait valablement produire des contre vérités, graves en leurs conséquences pour les néophytes. Les textes indiens sont là, heureusement, pour maintenir les enseignements dans l'écrin d'honnêteté qui leur revient.

En ce contexte, le Siddha Yoga, pur reflet du Civaïsme au Cachemire, est le yoga supérieur de la méditation. Il s'articule sur les volets que voici :

1) Shaktipata.

Il s'agit d'un processus secret qui consiste à injecter l'énergie spirituelle (shakti) dans le corps d'un disciple, en ouvrant le canal médullaire central (sushumna) qui relie le coccyx au sommet du crâne. Plusieurs méthodes sont utilisées :

a) Par un mantra.

C'est une formule sans aucune signification particulière mais dont la sémantique obéit à des règles secrètes. Les effets sonores se font sentir au niveau de la colonne vertébrale et du cerveau, pour finir dans le système nerveux (sympathique et parasympathique).

b) Par la pensée.

L'intention mentale, liée à l'énergie kundalinienne, active l'éveil de l'énergie dans le corps du néophyte.

c) Par le toucher.

Avec la main, l'Initiateur touche par trois fois, en remontant, la corde spinale. Ainsi, il "sèche" les deux courants binaires et active le canal central, médullaire, tout en tirant l'énergie kundalinienne du récipiendaire vers le cerveau. Certains Sad-Gurus se contentent de toucher la zone dite du "3° oeil", pour limiter la "chose" en fonction de la disposition intérieure du néophyte.

2) Charge cosmique.

En concomitance, l'Initiateur transmet le mantra SO HAM et son mode de fonctionnement. Cette formule autorise la captation de l'énergie stellaire et n'est réellement opérante qu'après Shaktipata.

A lui seul, ce mantra réalise en peu de temps tout ce que le raja yoga promet en 20 ans de pratique assidue. A chaque reprise, il permet la combustion du bon et du mauvais karma, à la fois, par la remontée des samsaras.

Son efficacité dépend de la durée dans la pratique quotidienne qui ne doit pas être inférieure à 30 minutes. La concentration s'opère sur SO à l'inspiration et HAM à l'expiration, tout en fixant le regard mental sur le 3° oeil (Ajna) en une première étape, sur Anahat en une seconde et sur Muladhar en une troisième et dernière.

Ajna est le siège de l'orgueil et de l'intellect, quand il est fermé à Kundalini. Anahat, de même, est le lieu de la haine et de la passion, toutes deux négatives et destructrices. Muladhar (avec les autres cakras des jambes) est l'endroit de l'instinct et de la mémoire karmique. La circulation de la conscience dans ces cakras entraîne un processus de purification, drastique.

3) Les mantras.

Il existe plusieurs catégories de mantras dont la caractéristique est dans le symbolisme du travail à réaliser pour le disciple. La formule mantrique NAMAH CIVAYAH, reposant sur le vocable "Civah" (destructeur) signifie la disparition de l'ego; tout un programme.

Un autre mantra comme S. K. N. signifie l'incorporation de l'énergie de Krishna dans le corps du méditant (confer: Bagavatgeeta). A ce sujet, écoutons le récit de l'expérience vécue par Z...... qui souhaite garder l'anonymat:

"Le mantra, modifié pour la circonstance, fut chanté en compagnie de deux personnes. En quelques secondes, l'écran du mental fut occupé par une lueur bleue, aveuglante. Au bout de quelques minutes, Krishna en personne apparut, de couleur d'airain, avec un visage juvénile au front immense et bombé, aux grands yeux légèrement bridés, remontant vers les tempes et dont le 3° oeil vibrait. L'image, hallucinante de vérité et à trois dimensions, se déplaça vers la droite du champ mental pour disparaître. Immédiatement, la sensation d'un cyclone d'énergie imprégna les trois personnes dont une en fut le témoin privilégié. Enfin, en quelques instants tout le vortex énergétique entra dans le corps de Z......"

"Le lendemain, Z...... eut la vision d'une tour dorée, en méditation, d'où une langue pendait, laissant sortir des milliards d'êtres. Quelques jours plus tard, le même témoin découvrit, à sa grande surprise, dans un ouvrage sur la spiritualité indienne que l'un des multiples aspects de Krishna était de "créer" par sa langue (le verbe créateur) des milliards d'êtres divers. Dont acte..."

Ce genre d'événement est conforme à la tradition indienne qui connaît les vertus des déités tantriques qui répondent à l'appel de certains Yogis. Toutefois, ce récit ne peut pas créer l'émulation chez les disciples qui encourraient le risque d'un échec et garderaient rancune d'avoir nourri de fallacieux espoirs. Nul n'est prêt qu'à son heure et qui fait l'ange fait la bête.

Être prêt, comment le sait-on?

vendredi 25 novembre 2011

Les plantes dans le chamanisme (5° et dernière partie)



HUACHUMA

Il s'agit d'un cactus arborescent du Pérou dont le suc purgatif provoque un don prophétique momentané et de divination.

DIVERSES ORIGINES

OPHIUSA D'ETHIOPIE

Le suc administré en breuvage provoque une terreur pendant laquelle le sujet se croit assailli par des serpents. Dans l'antiquité, il arrivait que certaines victimes, plongées dans un tel état, se suicidaient plutôt que de continuer à subir ces hallucinations.

CHANVRE INDIEN

Son suc produit, ingéré cru, une activation de l'intelligence et des penchants aphrodisiaques.

CHÉLIDOINE

Son suc appliqué en friction provoquait des dermatoses passagères.

COLOQUINTE

Elle provoque le priapisme.

Toutes ces plantes, abstraction faite de toutes celles qui, évidemment, restent seulement connues des indigènes amazoniens, d'Afrique noire ou encore de Sibérie et dont la liste ne sera jamais exhaustive, ont des propriétés fabuleuses que la science moderne étudie, plus ou moins lentement à cause de blocages culturels et… religieux.

N'oublions pas que les missionnaires chrétiens, débarquant dans le Nouveau Monde, s'empressèrent d'interdire au Indiens de consommer le PEYOTL lors de leurs cérémonies païennes, d'abord. Les indigènes, ignorant l'interdiction, se virent alors condamner à mort pour désobéissance à l'envahisseur blanc. Accusés de "diablerie" par le clergé catholique ou protestant, les pauvres indiens furent ainsi massacrés par millions sous le prétexte de sauvagerie. Mais, en conséquence directe, tout un savoir fut oblitéré par la bêtise humaine dont la cruauté la disputait à la folie.

Sous l'alibi de la "drogue", toute une connaissance fantastique est encore cachée, inaccessible, en plein 20° siècle qui s'enorgueillit de sa technologie alors que l'orgueil se mesure à la démence des politiciens aveugles. La culture judéo-chrétienne fut, reste encore, le plus gigantesque éteignoir de la connaissance que le monde a connu.

Pourtant, quelques prémisses d'une résurgence du passé de l'humanité apparaissent faiblement. Il faut reconnaître que les découvertes sont de taille.

"Il faut avoir beaucoup étudié pour savoir peu".

MONTESQUIEU

TRANSMISSION DE CONNAISSANCES DE MANIÈRE INOUBLIABLE

Novembre 1984, San Juanico au Mexique, une usine à gaz explose. Cinq cents morts environ. Un médecin propose l'usage d'une poudre magique, locale qui, miraculeusement, fit repousser la peau et les poils des grands brûlés. Stupéfaction collective chez les scientifiques. On découvrit l'origine du miracle: l'écorce broyée, chauffée et tamisée d'un arbre mexicain, de huit mètres de hauteur: Mimosa peaniflora autrement dit "Tepescohuite" pour les indigènes et "Arbre à peau" pour les guérisseurs. Une sorte d'acacia (est-ce l'acacia des francs-maçons?) qui ne pousse que dans la région de Chiapas dans l'ancien empire maya, largement pillé, évidemment, par les imbéciles du monde entier. A telle enseigne qu'il fallut, au gouvernement, déclarer la région patrimoine d'Etat et la protéger par des soldats en armes. Bêtise humaine au fonds insondable! Quand cesseras-tu de sévir et d'empêcher les gens intelligents de vivre... leur vie? Quand? Jusques à quand?

Mais voici une drôle d'histoire.

"Une fois, raconte Jean-Marie PELT, à Granpolo, au Dahomey, j'ai eu la chance de rencontrer un guérisseur, c'est à dire un initié en dehors du phénomène religieux. Chez lui, c'était une espèce de pharmacie de campagne: dans des bonbonnes, d'étranges mixtures végétales destinées à traiter toutes les maladies, du foie au cancer en passant par les vers ou le ventre. Pour nous, c'est inaccessible car on ne sait pas ce qu'il y a dedans. »

"Alors, on a décidé d'aller faire un tour à la campagne. Là, stupéfaction, il connaissait remarquablement les plantes, du moins toutes celles pour lesquelles je pouvais vérifier. Il m'a montré des "Daturas" comme étant la plante qui rend fou, me décrivant ses effets et, aussitôt après, celle qui guérit la folie: le Rowolfia Vomitoria qui est le Rowolfia africain. Or, cette plante, nous l'avons connue dans les années 50, et encore dans sa version indienne, le Rowolfia serpentina qui a été le premier neuroleptique. Et comme mon guérisseur tenait ses connaissances de son père, je me disais que, si on était allé l'interroger trente ans plus tôt, on aurait gagné du temps! Et c'est vrai que, dans les formules vaudoues, je retrouve partout le Rowolfia pour arrêter les transes. De même pour les Daturas, il connaissait magnifiquement leur utilisation: quand un individu est en état de catalepsie depuis une quinzaine de jours, apparemment mort, on lui lave le corps avec une mixture à base de Datura dont les alcaloïdes traversent la peau lorsqu'elle est humide. Et il se réveille!

"On a donc continué ce petit jeu: chacun devait dire les plantes qu'il connaissait. Il m'a montré un Azeratum et ajouté: "C'est bon contre la bilharziose". Je ne le savais pas et je l'ai noté pour le vérifier ensuite. Ensuite un Aloès, pour le ventre. Exact, c'est un laxatif et je le savais. Mais mon guérisseur ajouta qu'il avait aussi des propriétés cicatrisantes. Humilité. »

"Mais vous vous en doutez, les plantes, il les connaissait mieux que moi. »

"D'où tenait-il ses connaissances? »

"Ca, c'est le plus extraordinaire. Quand je le lui ai demandé, il m'a répondu: "De mon père". Evidemment, j'ai souhaité consulter le grand livre dans lequel il avait dû tout consigner. "On n'écrit rien chez nous, dit-il ». Alors vous l'avez appris par cœur! Ce n'était pas cela non plus. »

"Il m'a pris par la main et emmené sur la plage. Sur la dune il y avait des Hippoméas. Il s'accroupit, en recueille quelques graines dont il sait qu'elles contiennent des hallucinogènes. On avait toujours dit qu'il y en avait au Mexique mais pas en Afrique. C'est une erreur. "Tu vois, me dit-il, quand je prends ces graines je vois ce qui fait trembler la mer et en même temps je vois mon père. Et tout ce qu'il m'a appris, je le sais". C'est ce que j'ai pu vérifier. »

« En réalité, il a mémorisé son savoir sous hallucinogène et c'est dans ces conditions qu'il le retrouve. C'est son initiation, et il fonctionne exactement comme une carte à puce, sauf que les informations, ici, ne sont pas codées de manière informatique, mais chimique. C'est prodigieux et vous imaginez toutes les perspectives de recherche que cela peut ouvrir!"

De belles histoires, des situations étranges et l'on comprend mieux pourquoi on dit souvent qu'un vieux sage qui meurt c'est une bibliothèque qui brûle...!

Et voilà! Nous sommes arrivés au point crucial d'une réalité qui échappe encore à la science moderne, cristallisée sur son savoir qu'elle ne veut pas voir remis en cause. Et pourtant ?

Il y a longtemps, déjà, j'étais passé pour fou lorsque je prônais la réalité d'une certaine astrologie, de la graphologie et de la psycho-morphologie. On me riait au nez en me traitant de crédule ; traduisez: "imbécile".

De même, lorsque je pensais à la probabilité d'une autre forme de mémoire chez les sorciers féticheurs, guérisseurs, philippins ou amazoniens, africains, on ironisait sournoisement en me questionnant sur mes éventuels diplômes: "Avez-vous un diplôme de médecine, ou bien de pharmacie"? « Non! Alors, rigolons".

Certes, nous ne sommes pas en Amérique où le découvreur de l'A.D.N. n'avait même pas le baccalauréat! Ce qui ne l'avait pas empêché d'être un génie.

En France, si vous n'avez pas de diplômes adéquats vous n'avez pas le droit de penser, ni de découvrir dans certains domaines, surtout d'ordre médical. Mais, jusqu'à plus ample informé, même les diplômes n'ont pas réussi à protéger quelques médecins et pharmaciens qui, paradoxalement, ont été poursuivis pour infraction au "code". Tel pharmacien à Lyon, et qui eut le tort d'être herboriste et professeur de yoga...; et cœtera.

Bizarrement, ce sont les mêmes qui dénigrèrent l'astrologie et la graphologie, pour ne citer que ces disciplines et, aujourd'hui, en sont devenus les fanatiques... D'un excès ils sont tombés dans un autre; pourtant ce ne sont pas des sciences exactes. Alors qui est fou ?

Il en a été de même pour ceux et celles qui, bravant tous les interdits et tabous, sont allés quêter quelques bribes de savoir chez les "sauvages" d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Passant pour folles, ces personnes ont dû en découdre avec la bêtise humaine jusqu'au jour où..., leurs découvertes furent accaparées par des financiers sans scrupules, pour la plupart.

Mais les Simon de MONTFORT sont de toutes les époques, même pour la pensée.

"Au savant, il est demandé d'observer la visibilité de l'objet concret et, au philosophe, de sonder l'invisibilité de l'objet abstrait".

Jean d'ENCAUSSE

CONCLUSION

Ainsi que l'a écrit Claude ALLEGRE, ancien Directeur de l'Institut physique du globe:

"Plus une idée est nouvelle, plus elle choque, plus elle dérange ceux dont la fortune s'est établie hors d'elle, comme ceux dont le confort intellectuel se trouve perturbé par son émergence. L'originalité est une vertu estimée, pourvu qu'elle ne s'avère pas trop dérangeante. Une réaction marginalisante, voire sacrificielle, sanctionne toute audace novatrice au-delà d'un certain seuil..."

Certes, il est plus facile de correspondre au standard de l'uniformisation de la pensée et du sentiment. Cela rassure les gouvernants...

Mais est-ce que l'aseptisation de la société, comme pour un camembert de Normandie, est rassurante pour l’avenir ?